Je montrerai que l’expertise du conteur professionnel invité s’est heurtée à deux difficultés.
D’abord, les participants au stage n’étaient ni experts en l’art du conte – le public était composé exclusivement de conteurs amateurs dont certains étaient même de grands débutants, ni experts en histoire locale. En effet, si le public attendu consistait en partie en agents de développement local, ils étaient, en fait, absents de cette formation. _ Ensuite, le patrimoine de l’Ardèche du Nord est ordinaire ou de l’ordre du petit (il n’y a pas de majestueuses cathédrales, mais de « petites chapelles »).
Si la grandeur des participants et de ce territoire ne résiste pas au jugement public (ce sont des amateurs, ce sont de petites chapelles insignifiantes), c’est qu’elle réside dans les attachements de proximité. Ont finalement été mis en avant au cours de la formation et des « visites contées » qui s’ensuivirent tout à la fois la valeur d’usage des lieux et la qualité d’habitant des participants au stage. De cette rencontre entre un conteur professionnel, un territoire et des amateurs, a émergé quelque chose de l’ordre d’une esthétique de l’ordinaire qui ne passe pas nécessairement les feux de la rampe mais est parfaitement ajustée au cadre écologique et patrimonial de la vallée de la Vocance.
La communication consistera ainsi à décrire les ajustements réalisés par ces conteurs (participants et formateur) pour faire exister le conte entre le social et l’esthétique.