Elle est l’auteur d’une thèse de doctorat sur la co-présence des acteurs et des spectateurs dans le théâtre contemporain. En 2007-2008, elle a effectué une étude sur les activités théâtrales dans les Vosges pour l’Association Vosgienne de Développement des Activités Musicales et Chorégraphiques dans le cadre notamment du Schéma Départemental de développement des Enseignements Artistiques.
Le bilan de cette étude, réalisée grâce à des questionnaires administrés qui laissaient une large place à des échanges libres, fait rapidement apparaître que le rapport à l’accompagnement, le souhait d’être accompagné ou formé, dépend non seulement de l’histoire de la troupe, de son projet de départ, de la personnalité de son fondateur, de la présence ou non d’un metteur en scène, mais aussi que ce rapport n’est pas uniforme selon les membres de la troupe. La question de l’accompagnement, liée à celle de l’évolution du projet artistique, peut alors devenir un enjeu décisif pour la vie de la compagnie. Ma communication, en évoquant à la fois les dispositifs d’accompagnement des amateurs déjà existant dans le département, le devenir de troupes qui font appel à des professionnels pour les accompagner et le rapport de certaines troupes à un accompagnement ou une formation potentiels, tentera de montrer la diversité des positionnements vis-à-vis de ces questions et d’en expliquer les raisons.
Si des compagnies, généralement celles qui ont un projet artistique clair et qui se sont fondées autour de ce projet, élaborent elles-mêmes leur programme d’accompagnement, d’autres, craignant l’intrusion d’une personne extérieure dans la vie de la troupe, laissent la question de la formation au libre arbitre des comédiens qui, s’ils choisissent personnellement de se former, pourront ensuite transmettre leur savoir aux autres membres de la troupe.
Dans tous les cas, on peut observer que les compagnies cherchent à préserver leur indépendance et que l’accompagnement et/ou la formation sont abordés avec une extrême prudence. Chaque troupe élabore des stratégies personnalisées pour « gérer » le double changement que ces derniers impliquent : changement esthétique mais aussi changement du mode collectif de fonctionnement, les deux étant ressentis comme étant fortement intriqués, même si cela n’est pas toujours formulé. Ce constat permet de réfléchir à la nécessité de proposer des dispositifs variés, susceptibles de s’adapter à l’histoire des compagnies, à leurs objectifs et à l’équilibre fragile qui les sous-tend.